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2016-2017

Libérons les mots

Par CARINE CHEVALARD, publié le mardi 2 mai 2017 16:56 - Mis à jour le mardi 2 mai 2017 16:56

Dans le cadre du projet région Rhône Alpes « libérons les mots », les élèves de CAP 1ECMS et CAP 1AS ont suivi une initiation au Slam encadrée par les Réfugiés Poétiques de Rillieux La Pape.

Le Slam dont le sens est littéralement « claquer les mots » en anglais, est une pratique inventée par Marc Smith en 1984 et importée en France dans les années 90.

Le slam ouvre un espace de libre expression et donne le pouvoir à la parole et à l’écoute.

L’artiste Grand corps malade l’a rendu très populaire en France.

En solo ou à plusieurs, les élèves ont donc fait claquer les mots, accompagnés par un Human Beat Box et ont exprimé avec talent ce qu’ils sont, désirent, ce qui les émeuvent, ce qui les écœure ou leur prend la tête…

Cet exercice leur a permis d’améliorer leur écoute, de respecter la parole des autres, de se sentir mieux dans leur corps, de travailler leur écriture, leur diction et leur expression à l’oral devant un auditoire.

 

 

Voici un texte écrit par Axel Larmet pendant ces sessions de Slam.

 

Un sacrifice

A 18 ans, il signe un bout de papier

Ce qu’il fait qu’il s’est engagé

Motivé par le sacrifice, l’amour et la gloire de sa patrie

Il n’attend qu’une chose, c’est de servir au Mali

 

Un pays de sable, de cartouche et de ration

Ce jeune militaire y est pour sa nation

Du sang, des larmes et des copains disparus

Dans cet endroit où le danger règne à chaque coin d’rue

Son chef arrive en lui disant :

« Ca y est mon grand, tu rentres au pays ! »

 

En arrivant, sa copine, son amour se jette dans ses bras

Et là, elle lui annonce qu’ils seront bientôt trois

Deux ans plus tard, le militaire repart avec le cafard

Sa femme et son enfant tendent la main pour lui dire au revoir

 

Second pas sur le sable

Le pays est encore plus ensanglanté

A peine arrivé, il veut déjà rentrer

Une reconnaissance qui va vite mal tourner

Une embuscade du pays qu’il essaie d’aider

Un par un, les soldats s’écroulent

Des flashs-back de sa femme le chamboule

Une balle transperce la chair et l’uniforme

Le soldat tombe d’une tristesse énorme

 

Sa femme en deuil

Aperçoit une lettre de l’état sur le seuil

Le pays que son mari voulait aider à tout prix

L’a privée de son mari à vie

Un héros de la nation s’est éteint

Bleu, blanc, rouge, ces couleurs resteront en son sein

 

Son enfant qui est la relève de demain

Attend d’être majeur pour assumer son destin

18 ans, à son tour, il signe un bout de papier…

Il signe un bout de papier..."